| Les personnages sont dans
le noir, le noir complet. Je les ai laissés dans le noir, le noir
complet, comme pour une entracte, comme une pause, comme une fin et je
pourrais aussi leur donner, je pourrais aussi leur proposer de prendre
de petites étoiles fluorescentes pour éclaire la scène,
pour éclairer une scène, mais pour éclairer quoi ?
Est-ce
qu'il se passe quelque chose dans ce noir complet ? Est-ce qu'il se
passe quelque chose ? Est-ce qu'il se passe quelque chose dans le noir,
quelque chose de plus qu'en pleine lumière ? Qu'est-ce
que les personnages font dans le noir ? Qu'est-ce que les personnages font
sans moi dans le noir ?
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Puis ce n'est plus le noir
complet, ce n'est plus vraiment le noir complet. Il y a des étoiles,
des
étoiles fluorescentes, comme ces étoiles fluorescentes
dans la chambre des enfants et les étoiles, ces petites étoiles,
éclairent faiblement, très faiblement, la scène, ce
qui sert de scène, et l'on peut distinguer, un peu, les personnages
et les personnages sont assis sur le canapé, face au téléviseur
éteint, et ils ne font rien, on pourrait jurer qu'ils ne font rien.
Puis il y a les bruits de
la ville, des bruits de ville, des bruits de n'importe quelle ville.
Puis il y a du bruit et les personnages sortent, puis les personnages quittent
la scène, ce qui sert de scène, ce qui sert de décor,
les personnages partent.
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Car il y a le rythme des
mots, car il y a le rythme, la prosodie et les didascalies, ce qui prend
la forme de didascalies, ne prend vraiment son sens que lorsque les mots
sont lus à voix haute, lorsque les mots écrits sont prononcés
et reprennent la vie qui est leur première vie, celle d'être
des mots que l'on prononce et que l'on choisit aussi pour leur sonorité
et non seulement des mots écrits, des mots que l'on écrit
et puis qu'on lit, des mots que l'on ne prononce pas.
Mais alors c'est un poème
car un poème ce sont des mots que l'on prononce aussi. Mais alors,
c'est une tragédie.
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