| Que se
passe-t-il, alors
que se passe-t-il dans la vie de Mathieu ? La question, cette question
n'a pas de sens, n'a aucun sens, ne peut pas avoir de sens car Mathieu
n'a pas de vie, n'a pas de vie dicible en dehors de ce qui se dit, de
ce
qui s'écrit ici de sa vie, de sa
vie qui passe. c'est ainsi que se définit la diégèse,
ce rapport fantasmé entre ce qui s'écrit de la vie de Mathieu
et une autre vie supposée qui obéirait à un temps chronologique,
au même temps chronologique que nos vies, qui, pourtant, n'est jamais
lui aussi qu'un temps fantasmé. |
(Mathieu) On me
demande
aussi parfois ce qu'est ma vie et même parfois aussi, et même
parfois, parfois, si j'ai une vie, si j'ai une vie autre, une autre vie
que celle professionnelle d'ami tarifé, de prostitué de l'amitié.
Et la question n'a pas plus de sens que la question du plaisir et des
sentiments
et je ne peux pas
répondre
à cette question, à cette autre question et je ne peux même
pas entendre cette question, cette autre question. On voudrait tout
savoir sur moi, mais c'est un fantasme et le fantasme n'est pas inscrit
dans les clauses particulières du contrat. Ce serait même
une clause de rupture.
Noir.
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Sans
fin le texte défile et les personnages se défilent. Cependant,
cette onzième séquence a donné des explications. Je
ne peux dire si ces explications vont demeurer dans le texte ou non.
J'ai
presque la nostalgie d'avant, des séquences d'avant, du temps d'avant,
de ce temps où les personnages n'étaient pas posés,
le temps où leur conversation ou leur absence de conversation flottait
autour du texte, à côté du texte, sans se poser, sans
s'instituer, sans instituer le sens de la conversation ni de l'absence
de conversation. Ce
temps-là, c'est aussi un fantasme. |