Comédien, Gustav,
le comédien. Je crains de ne répéter que de grandes
banalités sur le fait d'être comédien, sur le fait
de jouer la comédie... Je ne sais quant à moi rien du fait
de jouer la comédie, de travailler sa mémoire, de jouer avec
sa mémoire, de classer les phrases dans les placards, dans les tiroirs
et aller puiser, sur scène, dans ces placards, dans ces tiroirs.
Je vais donc laisser parler
Gustav, puisque moi, j'écris, je ne parle pas.
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(Gustav) Et je joue, et
je joue, et je joue. Jouer
est comme un sommeil, est comme le sommeil. Après la scène,
je me rappelle des bribes de la scène comme je ne me rappelle que
des bribes des rêves, que des bribes de mes rêves. Et je joue
et la
vie passe entre ce sommeil et ce sommeil, entre le sommeil de la nuit
et le sommeil du jeu de la scène, et quand je me tais, c'est
la vie qui se tait, c'est le jeu de la vie qui se tait. Je suis comédien
et je ne suis jamais certain de ces
choses qui existent hors de moi. Je ne suis jamais sûr de rien.
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Gustav joue. On l'entend.
Je trouve qu'on l'entend. Il semble désormais assez évident
que nous n'aurons accès qu'à Gustav comédien, qu'au
jeu de comédien de Gustav et qu Gustac jouant autre chose que la
comédie n'a pas de sens, n'a aucun sens. Gustav, comme personnage
est comédien, il n'est donc que comédien, uniquement comédien.
Si cela devenait une pièce, il faudrait trouver un comédien
qui puisse jouer le rôle de Gustav et faudrait-il trouver Gustav
pour qu'il joue son propre rôle ?
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