| Ce serait le jour de la
mémoire. C'est le thème que propose Descartes pour aujourd'hui,
c'est sa proposition et je crois que je vais la suivre, que je vais l'accepter.
Les personnages ont déjà évoqué la question
de la mémoire.
Les personnages se sont déjà demandé s'ils se souvenaient,
s'ils se souvenaient ou non, s'ils se souvenaient bien du début
du texte. Mais ils se souviendraient du début de quoi ? Ils ne savent
rien du texte, les personnages. Ils n'ont aucun rapport avec le texte.
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Mathieu : ce qui nous différencie
des gens dans la rue, c'est que nous n'avons aucune mémoire
et surtout que nous n'avons aucun souvenir. Il ne faut pas confondre la
mémoire
et le souvenir. On peut avoir de la mémoire
et ne pas avoir de souvenir. On peut avoir des souvenirs et n'avoir aucune
mémoire.
J'ai peu de mémoire.
Je n'ai pas de souvenirs. Le problème, c'est que l'on utilise le
même verbe, le même verbe pour les souvenirs et pour la mémoire
et le livre de Pérec Je me souviens est un livre de souvenirs
et un livre de mémoire.
On confond tout.
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Mathieu est un râleur.
Mathieu est un râleur invétéré. C'est le plus
âgé des personnages, c'est le plus désabusé.
Il est volontiers donneur de leçon. Il est volontiers dans la pose.
Il n'est pas comédien mais il joue la comédie. Je trouve
aujourd'hui que Mathieu n'est pas sympathique. Mais je n'ai pas à
trouver les personnages sympathiques ou non, ce n'est pas dans le contrat
d'écriture.
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