J'ai encore oublié
le début de la séquence. Je ne sais plus rien ou presque.
Le premier jour, Gustav a parlé seul et puis lundi, c'était
Noëmie mais cela a failli être Mathieu et hier, le mardi, c'était
un dialogue. Je crois qu'ils ont prononcé le mot "amour" et je crois
déceler qu'aujourd'hui, ils devraient prononcer le mot "enfance"
Il
faudrait que je trouve une autre solution.
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Gustav : je
voudrais que vous cessiez de vous comporter comme des enfants. Je voudrais
que vous arrêtiez de faire comme des enfants. Je n'ai pas engagé
des enfants. Je
voudrais que vous cessiez de faire semblant de souhaiter une fiction normale,
que vous cessiez de faire semblant de jouer dans une fiction télévisée,
une fiction filmée, une fiction écrite. Vous ne jouez
pas vraiment. Je vous paye pour exister, pas pour jouer. Je vous paye pour
être là, pas pour devenir le support d'événements
qui seraient eux-mêmes le support d'une distraction. Vous n'existez
pas pour meubler les loisirs.
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C'est assez encourageant,
cette diatribe de Gustav. C'est assez rassurant de constater encore que
les personnages sont suffisamment lancés, sont suffisamment installés,
pour qu'ils parviennent à prendre la parole, pour qu'ils parviennent
à parler sans que l'auteur soit pleinement en possession de ses
moyens, de ses moyens propres. C'est assez rassurant de penser et de constater
que je peux renoncer au fantasme de diriger les personnages.
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