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y a une envie de voyage, une envie de voyager, une envie de partir et de
repartir et les personnages qui, subrepticement, sans qu'on leur demande
vraiment, sans que ce soit vraiment décidé, les personnages
sont descendus de leur écran. Alors pour partir, alors pour repartir,
les personnages pourraient bien, devraient bien remonter sur leur écran,
rejoindre l'image, les images de leur écran et l'écran se
ferait alors voyage.
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Mathieu : je ne me rappelle
pas le corps de Noëmie. Je ne me rappelle pas quand il est apparu
la première fois, quand il a fallu qu'il apparaisse, qu'il vienne
alors que j'avais imaginé, alors que j'imaginais que Noëmie
ne serait qu'une voix, qu'une seule voix, qu'une intervention sonore
et qu'il n'y aurait jamais de corps, qu'elle n'aurait pas de corps.
Gustav : il
y a toujours un corps quand il y a une voix.
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Il suffit que Mathieu et
Gustav évoquent le corps de Noëmie pour que le corps de Noëmie
disparaisse, pour qu'il disparaisse sous leur parole comme s'il n'y avait
pas de place, pas de place suffisante pour le corps de Noëmie et,
sur la même scène, dans le même texte, l'évocation
par les deux autres personnages, les deux autres personnages masculins,
de ce corps, de ce même corps.
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