La littérature
| La photographie
| Gustav
| Mathieu
| Noëmie
| D.
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| Il ne neige pas.
Il est
certain qu'il ne neige pas à Nice. Je ne peux pas, je ne dois pas,
je m'interdis de mettre les personnages sous la neige à Nice. Il
n'y a aucune raison à cela. Il n'y aurait aucune autre raison que
ces propos de neige issus des années précédentes et
que les personnages, je le sais, aimeraient encore pouvoir utiliser.
Mais
il n'y a pas de neige sur Nice. En revanche, il fait assez froid à
Nice. C'est bien un temps d'hiver et cela, pour les personnages,
devrait
pouvoir constituer une consolation. Mais
l'image de neige restera une image secrète, dans sa solitude là,
dans le texte, morte elle aussi.
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Je commence à
m'habituer.
Je commençais à m'habituer. Je commençais à
pouvoir me laisser porter
par
mes souvenirs dans les rues, dans ces rues, qui ne sont plus
inconnues,
qui ne sont plus vraiment inconnues. Je commence à m'habituer et
plus
il fait froid, plus la ville m'appartient. Nous allons partir.
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Nous allons
partir. Je ne
sais toujours rien de ce paysage. Je n'en veux rien savoir. Ce
paysage est sans souvenir, il est sans souvenir de moi, sans aucun de
mes
souvenirs, de ce qui me sert de souvenir, de ce que je pense être
des souvenirs, de ce qui n'existe pas. Nous allons partir et je ne
prendrai rien de ce paysage niçois.
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Je vais partir
avec eux.
Noëmie ne dit rien mais elle partira aussi. Elle est du voyage. Mathieu
ne prend rien du paysage mais il emporte ses fantômes. Il emporte
des fantômes d'un autre temps, il emporte un fantôme du temps
passé et il
n'oubliera
jamais le fantôme de ce temps-là.
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