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Il
me faut raconter mais je ne sais pas très bien par où commencer.
Cela s'est passé ainsi. Ce fut assez bref, assez rapidement accompli.
On me reconnaissait dans les rues. J'ai reçu quelques insultes et
plus rarement des paroles d'encouragement. Je faisais l'unanimité
ou presque contre moi. Quand bien même je savais que l'unanimité
ne recèle que l'unanimité qui fait que l'opinion commune
ne se déjuge pas, je ne savais que faire avec cette unanimité-là.
Et puis les médias sont passés à autre chose et puis
les gens sont passés à autre chose et je suis resté
avec les insultes lues et entendues et aussi les rares paroles d'encouragement.
Que
s'est-il passé vraiment ? Est-ce important ? Il s'est passé
que les médias m'ont consommé. J'ai alimenté leur
machine pendant quelques jours. J'aurais pu y échapper. Il aurait
suffi d'un tremblement de terre, d'une catastrophe aérienne, d'un
crime particulièrement horrible. Mais ces jours-là, il n'y
avait que moi. Il n'y avait que mon affaire. C'est donc moi qui ai servi
de combustible.
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