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Et le voyageur reprend la fiction de son voyage dans la solitude choisie de l'Italie d'hiver.
Il quittera aujourd'hui la Sicile pour la Calabre. Il ne s'est pas fait
sicilien, il ne sera pas calabrais. C'est la dernière partie du voyage
mais cette partie, la dernière, qui va de la Calabre jusqu'à l'aéroport
de Rome n'a pas plus d'importance pour la fiction que toute autre
partie, déterminée arbitrairement comme étant une partie du voyage, une
partie de la fiction. C'est la narration, ce sont les narrateurs, qui
ont habitué à donner une part plus importante aux morceaux de fiction
qui viennent à la fin. Mais la fiction se moque bien de sa narration et
de ses narrateurs. C'est donc la dernière partie de la fiction et la
dernière partie du voyage et c'est ainsi et ceux
qui voyagent et qui dès lors font semblant de voyager, font semblant
de se souvenir de voyages, de vrais voyages.
Je vais naître à ce temps avec ton
absence et jusqu'à l'absence de ton souvenir.
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