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Ainsi,
dans la vacance du sens, dans l'espace flou de la rêverie qui voyage,
c'est toi qui reviens. Tu ne prends pas la forme d'une image.
Tu
ne prends pas non plus celle d'un sentiment. Tu prends la forme ténue
d'un mouvement, de ce mouvement vers le silence que je ne retrouve
parfois que face au mystère d'une œuvre. Je vais encore observer mes
chimères et je m'arrêterai quand elles
auront
été amenées à
la transparence à laquelle on peut, j'en suis sûr, les amener,
c'est-à-dire au point qu'on doive les tenir pour des démonstrations
très exactes.
J'entends
le vent près de la fenêtre, comme dans des mirages d'enfance,
et le vent pourrait déborder un peu et je superpose le voyage
au voyage et je suis loin, comme si j'avais abandonné ces rues froides
et humides, vides le
soir, vides dans l'hiver et livrées au sons discordants. Je
retrouve les signes avant-coureurs du manque de toi et je m'arrête. Il
y a des sujets,
il y a des événements, de terribles sujets et de terribles
événements qu'il ne faut aborder qu'avec prudence, qu'avec
une terrible prudence. Je les observe, je retrouve la forme
d'un amour et je vais commencer
à l'écrire comme on consigne quelque chose dans un cahier d'inventaire.
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