vendredi 2 janvier 2009




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Noëmie


Il y a ici des arbres renversés, comme en ce temps d'autres tempêtes, avant le passage du siècle. Un arbre abattu rend le regard plus doux sur le monde. Je voudrais parfois distinguer des signes dans ces tempêtes d'hiver mais les signes ne sont jamais certains. 

Il y a beaucoup de personnes âgées qui se promènent le long du port. Leur corps marque toutes les tempêtes. Les femmes se sont maquillées et les hommes sont encore endimanchés. Certains visages sont encore voilés par le trop de nourriture et d'alcool. Quelques couples jouent au couple, feignant le désir retrouvé, lui aussi maquillé. Et pourtant le désir, image peinte, parée, affublée des couleurs du réel, qui avance masquée, encombrée de soi, de l'autre, des autres, de tous les autres et de ce corps et de ton corps et de tous les autres corps, et pourtant le désir... J'ai essayé longtemps de faire surgir le désir dans les textes précédents. J'ai même joué à l'amoureuse. Je ne suis pas certaine d'y être parvenue. 

Je me demande ce qu'ils font sans moi, les deux autres personnages. Je les ai laissés à Marseille. Ils ne m'ont pas dit ce qu'ils voulaient faire et même s'ils allaient ou non séparer leur route. Je ne dois plus penser à eux, puisque je suis seule ici et que pendant tous ces jours passés, je me préparais à venir seule ici.

La vie commerciale et commerçante reprend doucement après la trêve fériée. Les conversations reprennent aussi et je reprends aussi ma solitude, sans plus de trêve.