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Nous étions ce
soir-là
tout près d'Asti et tout près du repos, tout près
de ce repos particulier du voyage, envahis de cette
fatigue particulière
du voyage, entre cette fatigue, qui n'est pas une fatigue et ce repos,
qui n'est pas un repos et qui n'est pas encore un récit, qui ne
sera jamais vraiment un récit. Nous dissipions nos
personnages dans
des promenades qui se terminaient à la nuit.
C'est à Asti que
nous
avons commencé à penser à la fatigue. C'est à
Asti que nous avons commencé à parler de la fatigue. C'est
depuis Asti que mes
neurones fatigués marquent une sarabande d'images et de contrariétés
qui ajoutent à la fatigue jusqu'à l'épuisement.
Nous aurions pu
ne pas voyager
vraiment. Nous aurions pu imaginer le voyage. Nous aurions pu avoir la
puissance d'imaginer, la puissance même d'imaginer, d'imaginer le
soir, d'imaginer le soir sombre dans une ville, dans une autre ville et
cette ville est italienne, cette ville pourrait être italienne.
Qui sait vraiment si nous sommes vraiment liés à Asti... |