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Je ne sais plus dépasser
le souvenir de ton sourire et tes yeux mêmes sont cachés par
l'oubli qui demeure. J'ai souhaité cet oubli. J'ai voulu oublier
de toi ce qui pouvait me faire souffrir et puis, avec le temps, c'est désormais
cet oubli qui me fait souffrir. Tu n'es plus dans aucun des lieux où
je vais. Je ne connais plus personne qui pourrait évoquer ton nom.
Tu ne connais certainement rien de ces paysages et nous nous croiserions
un jour sans nous reconnaître dans une foule nouvelle que nous n'aurions
pu imaginer. Elle est là, cette histoire qui commence et qui finit
par "il était une fois". Il
était une fois, un instant, un instant soudain, il était
une fois, un instant la vie et puis tu as repris le temps, un instant,
tu as repris le temps. Elles
sont là, mes histoires, déliées pourtant de toute
promesse à ton égard, de tout espoir aussi et comme le ciel
s'assombrit et comme j'aurais pu aussi te choisir comme tristesse.
Connais-tu
toi aussi quand le corps se dessèche de tristesse dans le lit du
soir, quand le sang entier afflue dans la poitrine et retrouve tous les
pleurs depuis le premier jour, les pleurs de l'enfance, des morts, des
séparations, les fins des films d'amour tristes, toutes ces fictions
qui nous préparent à disparaître ?
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