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Mais
je sais que ton absence masque l'absence de cet enfant et que ton absence
ne sera jamais qu'intermittence face à l'absence éternelle
de cet enfant qui n'est pas venu, qui ne viendra pas, qui ne viendra plus.
Je ne connaîtrai ni ses rires ni ses pleurs, je ne connaîtrai
que son absence et je ne saurai jamais arrêter le souvenir, ni de
ses rires ni de ses pleurs. Mais je sais que ton absence n'est rien. Mais
je sais que ton absence ne sera plus rien.
Parfois
je vais confronter le souvenir et son absence dans une ville qui n'est
pas une ville, une ville qui est un souvenir et qui est le souvenir le
plus banal. Cette ville, c'est
Venise, ou c'est la nuit et parfois c'est la neige. J'aime la neige.
La
neige détourne les yeux, déroute, embue les yeux d'aucune
autre émotion que le froid, que le petit froid de la neige.
Parfois je laisse mes souvenirs aller seuls à Venise sur
la lagune trop pâle. Suis-je
capable, suis-je en état de les accompagner ?
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