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De
toutes ces années, je ne me rappelle aucun accident. Je me rappelle
parfois la pluie qui oblige à presser le pas. Je me rappelle parfois
le froid qui aide à demeurer. Je me rappelle des attentes, parfois
d'interminables attentes pour partir, pour revenir, pour aller ici ou là,
sans aucune autre indication du motif de ce déplacement. Mais je
ne me rappelle aucun accident. Nous ne serions donc pas dans une fiction.
Ce serait donc autre chose ? La vie ? Il y a sans doute la vie, la
vie, la vie douce, qui s'étale doucement, étale, étalée,
et le vent qui s'adoucit, et la sève des arbres qui sans doute,
remue, doucement.
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