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Je suis arrivé au
Danube. Je pourrais décider que le fleuve était ma destination.
Je pourrais m'arrêter là, à Dillingen, et je regarderais
le Danube, et j'imaginerais le cours du Danube sur chacun des 2500
kilomètres
qu'il doit parcourir jusqu'à la mer Noire. Rien ne m'en empêche.
Rien ne m'oblige à continuer ce voyage vers l'Est. Rien ne m'oblige
à rien puisque je n'ai pas de mémoire et que j'ai désormais
renoncé à la retrouver. Pourtant, à
mesure que le temps passe et que la matinée avance, je sais
que je vais continuer vers l'Est vers des rendez-vous de mémoire
collective. Je
peux remplacer ma mémoire évanouie par un
peu de la mémoire du monde, et pleurer avec les autres.
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