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Je
continue mon voyage en essayant d'échapper à l'uniformisation
croissante du monde. Il faut aller au plus près des détails
pour parvenir à distinguer ce qui fait qu'une ville slovène
n'est pas une ville autrichienne. Les affiches sur les murs, sur les panneaux
d'affichage, ne diffèrent que par la qualité de l'encre des
imprimeurs. La route traverse les nuances de l'asphalte. Les trottoirs
sont comme les
trottoirs de toutes les villes du monde où je ne vais pas. Le
paysage obéit à la saison qui file vers l'automne plus qu'aux
géographies des hommes. Je suis ainsi voyageur amnésique
dans un paysage amnésique et le paysage et moi nous regardons incrédules,
dans l'absence.
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