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Je pourrais facilement calculer
où va s'arrêter mon voyage. Je ne parlerai plus ici que quelques
jours encore. Il me faudra ensuite demeurer au moins une année entière
là où je serai arrivé, comme
un arrêt imaginaire. Que vais-je bien pouvoir y faire ? Je pourrai
chercher à te rencontrer et je pourrai faire mieux encore. Je pourrai
te laisser me rencontrer. Sans attendre, sans préjugé de
ta forme ni de ta conversation, je te laisserai m'approcher, je ne te regarderai
même pas venir et je ne te reconnaîtrai pas, moi qui ne reconnais
personne. Un jour, j'admettrai que tu es là. Ce
sera donc possible. Et
je t'embrasse comme on ne sait plus embrasser, comme une vie qui donne
du plaisir, qui s'envole, qui danse.
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