| Diégèse | mardi
31 août
2010 |
Le texte en continu | |
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auteur est en vie
depuis 18349 jours (59 x 311 jours) |
2010 | |
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L'atelier du texte | demain |
| Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 8 décembre 1979 "La seule joie que me donne un livre, c'est de l'avoir fini." |
| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je
retiens qu'à la question insoluble de la durée de la vie, ou de la
question de la durée de l'amour, qui est la même question tout en étant
une autre question, s'adjoint la question de la durée de l'œuvre et non
de sa taille. On dit d'un film qu'il dure longtemps ou qu'il ne dure
pas longtemps et l'on indique sa durée sur les programmes. On ne dit
pas d'un roman qu'il dure longtemps mais seulement parfois qu'il est
long à lire, quand bien même la longueur de la lecture dépend très
largement de qui le lit. Ce que la publication quotidienne sur
l'internet modifie, ce n'est pas que ce soit sur l'internet et que
cela, dans un fantasme culturel, s'opposerait alors au papier. C'est
plus sérieusement que cela introduit la question de la durée dans
l'écriture. Est-ce que cela va durer longtemps ? Et c'est pour cela
même que ce travail, ici, celui-ci, se nomme "diégèse". |
Barthes
énonce que la seule joie que lui donne un livre - dans l'écriture, bien
sûr et non dans la lecture - c'est de l'avoir fini. Il s'agit ici pour
lui de "l'écrire avec objet" et non de "l'écrire sans objet" ou ce
qu'il nomme aussi "écrire absolu". Le plaisir de l'écriture d'un livre
résiderait donc dans le fait de le terminer, ce qui renvoie au plaisir
de la tâche accomplie, plaisir somme toute assez enfantin d'avoir
terminé ses devoirs ou plaisir "traditionnel" du bel et bon ouvrage. Mais si le plaisir de l'écriture du livre est là, où serait le plaisir de "l'écrire absolu" ? Nulle part. Il n'y a pas de plaisir car il n'y a pas de plaisir dans la manie. S'il y en avait une trace, ce serait seulement que cela dure longtemps et que l'on ne sache justement pas combien de temps cela va durer et que ne le sachant pas, puisse se déployer le fantasme que cela dure toujours, comme l'amour. |
Cela n'aura pas duré longtemps, ni le voyage, ni la conversation, ni le paysage ni les vagues sur la plage, ni la route, ni la montagne, ni la plaine empoussiérée. Mais il y aura ce moment, dilaté à l'infini, de tes yeux à mon regard donnés. |