Je
retiens qu'il fallait parfois sortir la nuit et rejoindre la foule du
jour; qui devenait alors une autre foule, une foule de nuit, piétinant
comme une foule de jour mais une foule qui était aussi un marché des
désirs, une foire à histoires qui commençait avec un peu d'alcool et
qui finissait ensuite dans une traversée de Paris, un appartement
inconnu et puis des corps silencieux, gémissant parfois, mais en silence.
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Est-ce
que Barthes a raison ? Est-ce que l'infinitif est bien une absence de
temps ? Je
me figure alors le verbe à l'infinitif comme étant le verbe disponible,
bien rangé sur son étagère de verbes, avec les autres verbes, prêt à
être manipulé, modifié, grimé par la panoplie de temps et de modes que
je peux et que je dois lui appliquer. Est-il pour autant, ce verbe,
dans sa nudité d'infinitif, dénué de tout temps ? Il prend le temps des
verbes qui l'accompagnent dans la phrase, il suit leur temps, il ne le
contredit en rien
il accepte juste parfois leur antériorité que lui apporte un
auxiliaire, cet assistant que dans l'armée on appellerait "une
ordonnance"... Le verbe à l'infinitif, c'est, aurait pu dire Barthes,
la forme neutre du verbe, qui est à la fois délicatesse et discrétion.
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Ton bras prend la forme de mes épaules, ta main la forme de ma joue et tes
yeux se souviennent de mes lèvres et mes yeux se souviennent de tes
lèvres, et nos langues abasourdies dans la lutte. Mais le jour te reprend.
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