| Je
retiens
qu'il n'y a pas de permanence du souvenir, qu'il n'y a pas de
permanence du souvenir de l'amour mais qu'il y a permanence du souvenir
de l'idée de l'amour et que cette idée et cette permanence viennent et
reviennent de l'adolescence. C'est aussi de l'adolescence que vient ce
souci de l'écriture, ce souci d'écrire, ce souci de devoir écrire et
ainsi, le souci de l'écriture et le souci de l'amour sont contigus,
sont, en permanence contigus. |
Je
retiens de
Barthes qu'écrire a besoin de clandestinité car c'est la clandestinité
qui donne la vacance nécessaire à l'écriture et cette clandestinité ne
s'exerce bien, ne s'exerce vraiment bien, que dans la solitude. Rompant
ainsi avec la solitude complète des jours derniers, l'écriture se
distend, se recroqueville, se détache comme le peintre, sur le motif,
regarde ailleurs, comme l'oiseau qui s'envole au moindre bruit de celui
qui, de loin, le regarde. |
Je
reviens vers le paysage. Si je ne peux vraiment me souvenir
de toi, je dois pouvoir me souvenir mieux du paysage. Il est plus
disponible à l'imagination. Mais je ne vois que des ombres vertes sur
d'autres ombres vertes. Mais je ne vois que des pierres calcaires sur
d'autres pierres calcaires et je ne vois ces pierres que pour le gris
des pierres. |