| Diégèse | samedi 13 février 2010 | Le texte en continu | |
| ce travail est commencé depuis 3697 jours | et son
auteur est en vie
depuis 18150
jours (2 x 3 x 52 x 112 jours) |
2010 | |
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L'atelier du texte | demain |
| Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 16 décembre 1978 "En effet, dire à l'avance, c'est bien connu dans toutes les magies du monde, dire à l'avance, c'est détruire. Nommer trop tôt, c'est attirer le mauvais sort." |
| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je
retiens
qu'il y a toujours et toujours en ce début d'année lunaire, la
tentation
de la magie, qui serait une magie propitiatoire de la rencontre.
Cependant, cette pratique molle, cette tentation diffuse et un peu
ironique, c'est la tentation d'une rencontre, non pour toi, non pour
l'autre, mais bien la
tentation d'une rencontre qui d'emblée est
préemptée pour le texte, au service du texte, pour alimenter le
texte.
C'est donc une rencontre alimentaire, comme on le dit d'un emploi,
d'une occupation, d'un salaire. Ainsi, le salaire de la rencontre,
passée ou à venir, c'est le texte à écrire et, pour reprendre Cendrars, c'est en cela,
une inversion coupable et solitaire. |
De
marches ou
de promenades dans une ville inconnue, j'abandonne les images, cet amas
d'images publicitaires, pour l'observation des conversations. Les
technologies de l'internet et de la téléphonie mobile ont multiplié les
possibilités de converser et je me demande dès lors ce que font toutes
ces conversations au corps social, en quoi elles modèlent et remodèlent
nos sociétés, si elles sont un miroir anthropologique ou un phénomène
anthropologique nouveau ou prolongé. Et par hasard, si le hasard
existe, je lis dans "le Monde" un article de Hubert Guillaud qui cite
la philosophe Gloria Origgi,
qui répond elle-même à la question que pose chaque année John Brockman,
agent littéraire new-yorkais, à des scientifiques et à des
intellectuels du monde entier. La question de cette année est "Comment est-ce que l'internet modifie votre façon de penser ?". Elle répond par un article intitulé : "le pouvoir (la force ?) de la conversation". Je garde la citation choisie et traduite (?) par Hubert Guillaud : "L’internet nous permet de penser et d’écrire d’une manière beaucoup plus naturelle que celle imposée par la tradition de la culture de l’écrit : la dimension dialogique de notre réflexion est maintenant renforcée par des échanges continus et liquides". |
Et de ces jours sans toi, il reste cet amour pour toi et cette nécessité d'écrire cet amour pour toi. Cette écriture qui est une prière au vide, à ce vide du temps passé, à ce vide du temps à venir, cette écriture n'est pas une prière, elle n'est donc pas une psalmodie, mais elle est peut-être une musique, elle ressemblerait à une musique. C'est une musique pour toi, qui ne te retient pas, qui ne te rappelle pas et qui n'est que pour toi. |