| Diégèse | dimanche 17 janvier 2010 | Le texte en continu | |
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| Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 2 décembre 1978 "L'époque n'est pas si vous voulez actuellement, absolument en état de danger ni critique mais de pré danger et je crois qu'il faut surveiller ces signes-là avec vigilance. Pourquoi ? Parce que nous autres, intellectuels ou artistes, c'est notre vie qui est en cause et donc le sentiment qu'il faut se défendre et que c'est une question de survie." |
| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je retiens l'Italie et la douceur de l'Italie. Je peux me rappeler cela, le soir, même le soir d'hiver, le regard perdu dans la douceur du paysage et la douceur du paysage rappelle à moi ta douceur fugitive, l'écharpe sur ton cou, le parfum de ta nuque, et la douceur du paysage rappelle à moi le manque de toi. | Je
ne retiens rien car je ne veux rien retenir, pour l'instant, rien
retenir de l'instant, du désastre de Haïti. Comme en 2005, comme pour
le tsunami, je suis abattu par le désastre et abattu encore davantage
par l'exploitation méthodique du désastre par les médias et donc par la
publicité. Est-il encore nécessaire de rappeler aux bonnes consciences éplorées que le tremblement de terre n'est que le révélateur brutal, le révélateur immensément brutal, de la situation banale de Haïti, et de la pauvreté, et de la corruption, et de cette violence, qui est une violence économique, qui est toute la violence faite aux pauvres. |
Je devrais donc m'éloigner un peu de toi pour trouver un souvenir adjacent qui me permette de revenir vers toi, un souvenir proche qui me serve de point d'appui, de soutien, de référence. Je devrais donc m'éloigner un peu de toi pour mieux me rappeler, de toi, ce que toi même tu ne connaissais pas, ce que tu connaissais mal, ton parfum sur ta nuque, et ce creux de l'épaule, reposoir inattentif à ma tendresse. |
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