| Diégèse | dimanche 24 janvier 2010 | Le texte en continu | |
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ce travail est commencé depuis 3677 jours | et son
auteur est en vie
depuis 18130
jours (2 x 5 x 72 x 37 jours) |
2010 |
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L'atelier du texte | demain |
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Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 9 décembre 1978 "Peut-être un poème, peut-être une pièce de théâtre, peut-être un roman, mais je dis bien, n'est-ce pas, fantasme de poème, fantasme de roman." |
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| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je retiens que le texte s'éprouve à la chair, qu'il ne parvient cependant jamais à faire entièrement sienne, et ce processus, ce processus de déception se nomme l'incarnation. Cette incarnation, qui peut concerner les personnages et aussi les personnages de la mémoire, c'est la mystique du texte. C'est un processus mystérieux. C'est un processus toujours incomplet. C'est un processus itératif, reconnu et inconnu. C'est l'écriture de l'autre. | Les
commentateurs de l'œuvre de Christian Boltanski "Personnes" au Grand
Palais, évoquent la mort, évoquent les grandes catastrophes humaines et
bien sûr et surtout l'holocauste. Seul dans les travées, hypnotisé par les battements de cœur, par les battements de tous les cœurs, hypnotisé entièrement, je vois les vêtements au sol. Ce sont des vêtements pauvres. Ce sont des vêtements de pauvres qui reviendront aux pauvres. Et je les imagine dans le magasin, neufs. Je les imagine juste achetés, avec l'étiquette, encore et pour certains quelques épingles. Je les imagine une première fois portés. J'ai envie de pleurer. Ils sont la trace de tant de désirs, de désirs pauvres, de désirs de pauvres. Ainsi, je ne vois pas la mort dans l'exposition de Christian Boltanski mais la trace de tant de désirs que, dans le cœur de l'émotion, les battements de cœur deviennent soudain graves et joyeux. |
De cette courbe, ton sourire, ta bouche, de cette courbe courbée, recourbée, je peux aller, je peux descendre sur ton cou, je peux aller vers ton cou, vers la saignée de ton cou et suivre avec le doigt la limite ténue mais dessinée qui sépare ton cou de ton buste, ton cou de tes épaules. Je remonte ensuite vers ta bouche, vers la courbe de ta bouche, vers la courbe courbe de ton sourire et tu redeviens cette ombre dans le jour ensoleillé. |
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