| Je
retiens le
soir, et avec le soir la fatigue, et avec la fatigue, la fatigue
encore, et avec le soir et la fatigue, le rêve, ce rêve "qui n'est rien
d'autre que penser" dit Descartes. Je retiens le soir, la fatigue et le
rêve et ce fantasme, ce fantasme codifié mais libre de pleurer d'amour
comme dans une chanson de Barbara... vous en souvenez-vous... |
Je
retiens de
la citation de Barthes d'aujourd'hui... le lapsus. "régi..dité".
Barthes se reprend mais le lapsus est bien là et "régidité", qui porte
un signifiant morphologiquement possible, peut s'adosser à un signifié
qui serait justement fantasmatique. C'est ce signifiant que je donnerai
au lapsus de Barthes aujourd'hui. Dans "régidité", il y aurait donc le
"roi" et la "règle". Si notre société peut, avec Barthes, se définir
par la (régi) rigidité de son code fantasmatique, je n'ose donc penser
ce matin à ce qu'est la société française de 2010. Son code
fantasmatique est plus codifié et plus rigide qu'en 1978, et cela
par la place plus lourde, plus grave, plus insistante qu'ont pris les
médias et la "communication" dans leur volonté de vendre plus. Codifier
les fantasmes en les mettant en scène sous la forme de scènes
médiatisées, jouées par des prescripteurs appelés "people", est l'une
des manifestations de ce programme de codification. Il fonctionne
malheureusement très bien, surtout sur ceux qui sont le plus démunis
d'outils de construction et de structuration de la pensée. Cette
entreprise de codification doit donc aussi se prémunir de toute
possibilité de "conscientisation" du peuple et promouvoir pour cela une
école qui ne ferait qu'apprendre à lire... des slogans et des
publicités (surtout pas la Princesse de Clèves), et bien sûr à compter.
Cette codification a atteint le monde politique qui en est le jouet. Le
Président de la République est ainsi passé hier dans l'émission "le
Grand Frère" de TF1. Mais je me trompe peut-être d'émission. |
Je
te regarde et tu me regardes aussi. Je ne sais pas qui tu vois. Je ne
sais pas si l'ombre est aussi sur mon visage, avec
la lumière, avec le mouvement de la lumière et avec le mouvement de
l'ombre. Tu me regardes. Je baisse les yeux et je n'ai plus de visage,
je n'ai plus de regard et je ne sais pas si j'ai encore un cou, des
épaules, un buste. Tu me regardes mais c'est que je n'existe pas. Je
n'existe pas dans le souvenir de ce regard, dans cette mémoire, dans ce
désir, dans le fantasme de ce désir. |