S'il
y a des personnages et s'il y a une fiction, il y a donc un personnage
principal. Parfois, plus rarement, il y a des personnages principaux.
SI l'auteur ne choisit pas avec évidence de personnage principal, le
lecteur le fait subrepticement, comme dans ces séries télévisées qui
n'en finissent pas où le téléspectateur choisit bien, parmi une dizaine
de protagonistes, celui ou celle qui va devenir ainsi son personnage
préféré.
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Pourquoi
me sentirais-je coupable, avec le désir d'écrire, de ne pas y parvenir
? Comme je me sens coupable, avec le désir de vivre, de ne pas
entièrement vivre, comme je me sens coupable aussi, avec le désir
d'aimer de ne pas suffisamment aimer, comme je me sens coupable de
tout, avec ce désir de pureté orginelle, d'avoir connu le péché.
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J'entends ta voix sur le répondeur de la maison. J'écoute le message et je l'incorpore, je le caresse et je l'efface.
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| Dès lors, si je ne peux concevoir ma vie que comme un récit de
vie, donc comme une fiction, et que par conséquent, pour ce qui est de
ma vie, je n'ai jamais pleinement accès au réel, il est loyal de me
demander à moi même si je suis le personnage principal de cette
fiction, si je suis le personnage principal du récit de ma vie. La
réponse est : pas toujours. Dans l'enfance, ce sera la mère et le père
ou n'importe quel être aimant, gardant, soignant. Plus tard, l'être
aimé prendra dans le récit de vie cette place de personnage principal.
Pour le croyant Chrétien catholique, ce sera le Christ et Mohammed pour
le Musulman pieux... Mais il y a sans doute un moment où, sans conteste
possible, je suis le personnage principal de ma vie, c'est à l'instant
même de ma mort. |
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