| Diégèse | mercredi
3 mars
2010 |
Le texte en continu | |
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auteur est en vie
depuis 18168
jours (23 x 3 x 757 jours) |
2010 | |
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L'atelier du texte | demain |
| Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 13 janvier 1979 "De même les nuages renforcent l'été parce qu'ils sont allégués sous la forme légère de "ce qui passe"" |
| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je
retiens, je note l'absence, la fuite et que cette fuite prend la forme
douce du voyage d'hiver qui de tous les voyages est le plus littéraire;
qui choisit des destinations exotiques ou, de préférence, qui rejoint
ces destinations balnéaires désertées qui laissent entière la place
pour méditer sur la fin des choses,sur la fin des êtres et sur le temps
qui passe tout embrumé du temps qu'il fait. |
Je
retiens ces vers d'Aragon, du Roman
inachevé, du poème Strophes
pour se souvenir, aussi chanté par Léo Ferré, poème écrit en
souvenir du groupe Manouchian et de "l'affiche rouge". Un grand soleil
d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend Ce que je retiens, après l'émotion que suscite, pour moi, toujours, de façon insistante les derniers écrits, les derniers mots des condamnés, ce que je retiens, c'est qu'Aragon glisse au cœur de son poème à la métrique classique, un haïku, avec sa marque de saison, un haïku qui marque, qui note. Et dès lors, je me demande, dans une rêverie barthèsienne, si ce n'est pas aussi cela, le haïku, d'être toujours les derniers mots, ces derniers mots du dernier instant. |
L'hiver s'estompe, engourdi, l'hiver de cette route, et sa lumière blanche, sa lumière toute bleue poursuit notre voyage, l'éclaire de froideur et retient ma main, un instant, sur ta joue. |