| Diégèse | vendredi
5 mars
2010 |
Le texte en continu | |
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auteur est en vie
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2010 | |
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| Roland
Barthes - Collège de
France - séance du 13 janvier 1979 "L'anonyme nous trouble toujours, même lorsqu'il est bienveillant et que je l'appelle l'inconnu." |
| Ce que je retiens... (des années précédentes) | ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... | ...puis ce que j'écris. |
| Je
retiens la fatigue des voyages et l'illusion des voyages. je retiens la
tentation de l'installation, de la sédentarité contre le nomadisme. Et
je me dis aussi que cette tentation est une tentation équivalente à la
tentation de roman. Quitter ce nomadisme textuel de "diégèse" pour un
"livre". Et puis je sais que le nomade demeure nomade, que la fatigue
et mêle la lassitude n'entravent pas le voyage et que le livre est
encombrant quand je trouve ici cette légèreté qui, au plus près,
s'approche de la liberté. |
Quand
Barthes évoque en les opposant l'anonyme et l'inconnu, il évoque une
anecdote qu'il a racontée au début du cours. Des inconnus ont trouvé
pour lui un livre de haïku qu'il avait perdu et dont il avait même
perdu la référence exacte. L'inconnu bienveillant, qui bien qu'anonyme
n'est pas sans nom, c'est ainsi celui qui donne et qui renseigne. Mais la figure de l'inconnu bienveillant résonne encore autrement pour le lecteur d'"Incidents" et l'on imagine dans la salle trop chauffée du Collège de France flotter un peu devant les yeux de Barthes enrhumé ce jour-là des figures nues, inconnues et anonymes, pas toujours bienveillantes, avec lesquelles il fait l'épreuve "de son délaissement". |
Puis nous aurions trouvé une chambre pour la nuit, dans le tremblement du soir, dans le tremblement de la nuit, dans la crainte de la nuit noire. Nous aurions découvert cette chambre pauvre frissonnant, accablés de la gravité de l'instant. Puis j'aurais repris ma caresse. Puis tu aurais repris ta caresse, doucement, nos yeux alarmés. |