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Ce
qui s'écrit |
| Gustav
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Il n'y a pourtant pas bien loin d'Asti à Casale Monferrato mais la fatigue est si forte que ce qui pourrait n'être qu'une excursion devient un voyage épuisant. Je devrais dormir plus tôt et ne plus hanter comme un damné les rues dantesques des banlieues italiennes.
Dans la voiture, il fallait converser. Il fallait alimenter notre huis
clos comme une adaptation contemporaine et voyageuse de la pièce de
Sartre. Je leur parlais et je jouais.
Mais qu'est-ce que ça dit quand je leur parle ?
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Mathieu
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Ça dit que ça
existe, que ce n'est pas un rêve, ça dit qu'il faut sortir,
qu'il ne faut pas rester ici, dans le confinement d'une fausse
conversation,
dans ce qui nous occupe et qui nous préoccupe et qui tente de se
joindre et qui ne fait que se disjoindre. |
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Noëmie
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J'ai longtemps commenté Descartes dans Les Méditations métaphysiques,
et je veux pas refaire Descartes... Mais ce que vous dites évoque
pourtant cela que les autres nous semblent plus réels que nous-mêmes
quand ils ne sont souvent qu'une illusion...
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Daniel
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... mais il me semble pourtant encore et je ne peux m'empêcher
de croire que les choses corporelles, dont la pensée forme les images
et que les sens eux-mêmes explorent, sont beaucoup plus distinctement
connues que ce je ne sais quoi de mon être qui ne tombe pas sous
l'imagination... |
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Noëmie
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C'est cela. Et la suite aussi ... bien
qu'il soit à coup sûr étonnant
que des choses dont je remarque qu'elles sont douteuses, inconnues,
étrangères
à moi, soient comprises par moi plus distinctement que ce qui est
vrai, que ce qui est connu, bref que moi-même. |
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Gustav
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C'est bon. Arrêtez-vous là.
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Daniel
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Ils ne voulaient plus sortir. Maintenant ils veulent sortir.
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