|
|
Ce
qui s'écrit |
Noëmie
|
Je ne sais pas vraiment si je vais continuer ce voyage. L'Italie du nord ne me dit rien. La dernière fois, il y avait parfois un sourire qui donnait sens au jour et puis il y avait notre
volonté, cette volonté réitérée de rester ensemble et il y avait là
quelque chose de l'espérance et quelque chose du désespoir.
Désormais, ce sont
seulement des souvenirs de ville qui viennent, des souvenirs urbains,
des souvenirs de rien, de rien du tout, des souvenirs qui ne se
souviennent de rien, de rien du tout.
|
|
Gustav
|
Je connais cet état. Parfois je m'en souviens et je me souviens alors aussi que c'est alors que j'ai décidé d'oublier.
|
|
Noëmie
|
Je ne suis pas désespérée mais je suis sans espoir. Je ne sais pas ce que c'est et je voudrais le savoir. Cela ne change donc pas.
|
|
Mathieu
|
Mais
c'est ce voyage qui provoque ces sentiments mêlés, ce même vieux voyage
que nous accomplissons dans ce rite qui nous ramène depuis dix ans dans
ces mêmes villes où nous fréquentons cesmêmes hôtels, dévisageant à
chaque arrivée le personnel qui nous dévisage cherchant la dévastation
de l'âge.
|
|
Daniel
|
Et pourtant, malgré ces habitudes, malgré cette répétition sans acte, il y a toujours d'autres enjeux, un péril et une réticence et c'est cela, véritablement, votre vie de personnage.
|
|