Diégèse samedi 3 avril 2021



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samedi 28 juin 1997
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Ce journal télévisé du 28 juin 1997 juxtapose, dès l'annonce des titres, deux événements qui n'ont, en apparence, aucun lien entre eux : la fermeture par Renault de l'usine de Vilvorde en Belgique et la manifestation festive Europride-1997, qui a rassemblé, nous dit le présentateur, plus de 200 000 personnes aux fins de revendiquer pour les personnes homosexuelles les mêmes droits que ceux des personnes hétérosexuelles.
Première remarque, alors que le premier titre annonçait Vilvorde, les premiers reportages concernent l'Europride. Cette inversion, sans jeu de mot, doit d'emblée alerter. Que cache-t-elle ? Quel dispositif manipulatoire se trame ?
Viennent ensuite des images assez joyeuses (1'06"). Quatre jours auparavant, une proposition de loi visant à obtenir ce que l'on appelait encore le Contrat d'union sociale et pas encore le PACS, pour Pacte civil de solidarité. Qu'est-ce qu'on en dit ? Premier témoignage : on interroge un couple d'hommes qui répond (1'57") : « Le contrat d'union sociale ? La possibilité de gérer notre mort, en fait... » Premier message, terrible mais courant : homosexualité = mort = maladie = SIDA. On aurait pu penser que ce nouveau droit visait à améliorer la vie. Le visage de l'homme qui répond est marqué, comme l'est souvent celui des personnes qui reçoivent un traitement par trithérapie. Première saloperie de ce JT, et ce ne sera pas la dernière. Car, à (4'39"), on diffuse un reportage tourné principalement dans le quartier du Marais à Paris, reportage centré sur le pouvoir d'achat des Gays, qui serait plus élevé que celui de la moyenne des Français - entendez Français hétérosexuels. On entend la phrase suivante (5'04") : « Les homos ont des revenus supérieurs de 30% à la moyenne des Français. » Et ça continue, et on se pince pour être certain que l'on a bien entendu : « des instituts de beauté où l'on pourra toujours aller se faire une laideur, des coiffeurs, mais là d'accord, ça n'étonnera personne. » Car, c'est bien connu, tous les coiffeurs sont homosexuels. Le cliché homophobe va bon train. On se prend à penser que si l'on remplace dans ce reportage le terme « homo », par le terme « juif », l'abominable stigmatisation opérée par ce reportage est plus claire et d'ailleurs, on n'a même pas besoin de le faire car, à 6'30", le Président du Comité Marais, fait lui-même le rapprochement. Il s'agit bien sûr d'un rapprochement qui fonctionne pour les téléspectateurs sur le mode des associations librés en psychanalyse. Ce n'est pas ce qui'l a voulu dire. Mais, il le dit.
Résumons-nous : le gouvernement de gauche va donner de nouveaux droits à des pédés aisés et malades du SIDA, qui ne pensent qu'à faire la fête et à consommer dans des tenues extravagantes. On peut légitimement penser que va suivre un reportage qui va vouloir « remettre les pendules (de l'opinion) à l'heure » en mettant en scène les gens de la vraie vie, déjà aperçus aux femêtres et balcons parisiens sur le parcours de l'Europride. C'est donc sans surprise que l'on passe sans transition à la fermeture de l'usine Renault dans la ville belge de Vilvorde.
Commencer par ce reportage pour continuer par l'Europride aurait eu un autre effet que celui recherché par l'inversion, depuis les titres, des deux sujets. Le message subliminal est donc maintenant clairement exprimé : pendant que des pédés à fort pouvoir d'achat font la fête, les prolétaires (hétérosexuels) trinquent. Tout aussi logiquement, le reportage sur la fermeture de Vilvorde devrait contenir une critique du gouvernement français de gauche, qui aurait donc trahi le véritable prolétariat. Et c'est bien ce que disent - légitimement d'ailleurs, mais peu importe pour cette démonstration - les syndicalistes belges. Car, encore une fois, ce qui est intéressant pour dépecer les stratagèmes sournois de la fabrique de l'opinion dominante, c'est moins le contenu de chaque reportage que leur montage. Ce qui échappe aux instances de contrôle de la loyauté supposée de l'information, c'est ce qu'il y a entre les images, ou bien encore ce qui est tu, les effets de loupe ou d'occultation, les mises en rapport de faits en apparence sans aucun lien et qui vont provoquer des collisions dans les imaginaires des téléspectateurs et produire in fine le populisme, c'est à dire la doxa.
Cette lecture de l'information télévisée peut évidemment apparaître comme paranoïaque. Il faut l'être parfois. Car, si elle pointe le subreptice, il faut se rappeler que ce subreptice se répète quotidiennement sur toutes les chaînes et ce, plusieurs fois par jour. en cela, la manipulation opérée par des chaînes d'information en continu invitant chaque soir des chroniqueurs d'extrême droite multirécidivistes, plus voyante et massive, est peut-être moins dangereuse. Quoique...



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