Diégèse mercredi 7 avril 2021



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vendredi 9 mai 1997
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Ce journal télévisé du 9 mai 1997 commence par la révélation d'une affaire de pédophilie à Cosne-sur-Loire dans la Nièvre. Un jeune homme de 26 ans a dénoncé son ancien instituteur avant de se suicider. Personne n'aurait envie de sourire en regardant les parents de la victime, surtout qu'avec ses mots simples, le père décrit très bien les processus d'obnubilation et de culpabilisation dont souffrent les victimes d'abus sexuel.
Pendant ce temps, en Belgique, l'enquête dite du « Dépeceur de Mons » piétine après que le principal suspect a été innocenté (3'26"). Jusqu'à présent, en 2021, et malgré plus de mille dénonciations, le tueur en série n'a toujours pas été identifié.
Le journal continue avec l'affaire de l'empoisonnement à la Josacine frelatée au cyanure d'une petite fille (5'06").
Ainsi, après moins de sept minutes de ce journal télévisé, alors que le premier tour d'élections législatives anticipées aura lieu dans deux semaines, les agissements humains parmi les plus odieux sont exposés. Quand on regarde les images des trois reportages en oubliant les affaires terribles qu'elles illustrent, on remarque que, ce qu'elles ont en commun, c'est leur décor ordinaire : des pavillons proprets, des gens qui pourraient être des voisins et l'horreur. C'est évidemment ce qu'il y a de plus efficace sur l'imagination et c'est, en cela, l'un des ressorts communément utilisés par les films d'horreur. Un tel choix éditorial n'est évidemment pas neutre et ne peut être considéré comme fortuit. Certes, ce même jour, la presse écrite nationale et internationale se fait l'écho de ces trois affaires dont deux sont des sortes de feuilletons, mais rien ne contraint la principale chaîne de télévision publique à ouvrir avec ces mêmes affaires. Et c'est ainsi quasiment chaque soir de temps ordinaire. Il est raisonnable de se demander pourquoi.
Un petit incendie sur les hauteurs de Nice (7'08") et c'est l'arrivée de la compagnie aérienne à bas-coût Ryanair sur le sol français (8'24"). 400 Francs pour un Beauvais Dublin Aller et retour, c'est beaucoup plus cher qu'aujourd'hui, si l'on en croit le site de cette même compagnie. Bien sûr, c'est là encore un choix de la rédaction car l'implantation de Ryanair en France date de quelques jours : le premier mai 1997 exactement. Message subliminal au passage : l'Europe, c'est la dérégulation, à l'avantage des consommateurs, message libéral que reprendra quelques minutes plus tard M. Balladur.
C'est pourquoi le reportage suivant concernera la colère des agriculteurs (10'14") et plus précisément des producteurs de fraises qui enfouissent de leurs fruits rouges comme du sang le porche de la mairie de Bordeaux, ville dont Alain Juppé, alors Premier Ministre, est le maire. Édouard Balladur, son grand rival, est quant à lui sur le plateau. Rien ne vient par hasard.
Puis, on suit le Pape Jean-Paul II à Beyrouth, ou plutôt les préparatifs de la visite papale. Il n'y a pas vraiment d'information, sinon celle que Walid Joumblat se demande ce que vient faire le Pape (12'51"). Mais pour comprendre l'importance de cette déclaration, il faudrait qu'on nous l'explique, ce que le journaliste ne fera pas.
Un petit tour par la Grande-Bretagne et le commentateur ne résiste pas à une remarque sexiste qui, vingt ans après, ne laisse pas d'étonner : « Toutes les occasions sont bonnes » dit-il, montrant Tony Blair fraîchement élu entouré de députées (13'44").
Séquence émotion : le nouvel ambassadeur des États-Unis au Vietnam est un ancien G.I. qui avait été emprisonné plusieurs années pendant la guerre (16'08"). Un petit tour par Moscou (17'38") et ses majorettes... Décidément, les États-Unis sont vainqueurs partout contre l'hydre communiste. Et on passe - enfin - aux législatives en France, ou plutôt à Avignon où l'on apprendra qu'en politique « les femmes ne se font pas de cadeau ». Tiens donc ! Et pourquoi ne pas parler aussi de crêpage de chignon, puisqu'on en est aux remarques sexistes. On connaît la suite : Madame Guigou gagnera la députation contre Madame Roig, mais perdra la Ville en 2001 et n'y remettra plus jamais les pieds.
Lionel Jospin donne quelques coups de menton à destination des courants de son parti turbulent (21'45") et c'est le tour de M. Balladur, sagement assis depuis 22 minutes et 44 secondes. Ce qui est bien avec Édouard Balladur, c'est qu'il suffit de l'écouter pour avoir envie de voter à gauche. Le plus drôle, c'est quand il affirme avec son air hautain qu'il faut faire preuve d'un peu de modestie. En ce qui concerne la modestie, il est à contremploi. On ricane dans les foyers. Balladur ne critiquera pas Juppé. Au moins en public. Il reste un quart d'heure de Journal...
Sport : le football à Guingamp (30'17").
Le jour d'échec Kasparov est tenu en respect par un ordinateur (32'27") qui tient dans trois armoires quand la même puissance de calcul tiendrait aujourd'hui dans un téléphone mobile.
Cinéma avec Béatrice Dalle et Claudia Schiffer.
Michael Jackson et une sortie à l'évidence raciste (45'10").
C'est fini. Merci.



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