Diégèse dimanche 28 mars 2021



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vendredi 12 septembre 1997
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Mère Teresa est morte et les V.I.P de la planète disputent les places du stade dédié à la cérémonie des funérailles aux pauvres et aux lépreux. Décidément, il sera vraiment plus difficile à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de passer par le chas d'une aiguille. On apprendra plus tard par l'envoyé spécial à Calcutta (8'48") que 6 000 places sur les 15 000 que compte le stade qui accueillera la cérémonie seront réservées aux pauvres et aux malades.
Pourtant, ce n'est pas par cette information planétaire que ce journal du 12 septembre 1997 va commencer mais par un reportage étrange sur une famille dont un des enfants, une adolescente, est trisomique. Le support du reportage est une information selon laquelle « 15 000 femmes souffrant d'un handicap mental léger ou profond ont été stérilisées de force en France et cela en toute illégalité. » (0'50"). Le présentateur évoque un débat de conscience et enchaîne, particulièrement grave : « Et ce soir nous donnons la parole aux premiers concernés : les familles. » On s'attendrait à la suite de ce lancement à écouter des représentants d'associations familiales. Il en existe quelques-unes et en premier lieu l'UNAPEI qui fédère plus de 500 associations. Mais non ! « Les familles », ce sera une famille. Quelle famille ? Une famille aisée dans une maison vaste avec un grand jardin et un chien. Le père est visiblement plus âgé que la mère qui, elle même, n'est pas de première jeunesse. On verra deux enfants. Le frère est plus petit. Mais, il faut s'arrêter plus précisément sur le discours des parents (1'38"). La mère, qui finira sa phrase par un sourire forcé après avoir assez justement évoqué la liberté de l'enfant, fût-il en situation de handicap, laisse la parole au père. Et là, le discours est assez terrifiant. Ce dernier dit : « Est-ce qu'on a la garantie d'avoir une progéniture normale ? » (2'07") On se dit alors très logiquement, que lui, comme tout parent, n'avait pas aucune garantie sur le nombre de gènes de son enfant et qu'il a cependant été père. Fallait-il alors le stériliser aussi ? Le débat devrait ici se clore. Il continue pourtant. Le téléspectateur n'a rien compris de ce qui est en jeu au Parlement. Inattentif, il retiendra qu'on a plus de chance d'avoir un enfant trisomique -  il dira peut-être encore « mongolien » - quand les parents sont vieux. Quelle mauvaise information ! Le terme « éthique » n'a pas été prononcé. On n'a entendu aucun médecin. On a entendu le mot blessant de « progéniture ». Et surtout, on a à peine effleuré la question de la sexualité car, malgré tout, les enfants ne naissent pas, « ordinaires » comme dit la mère, ou moins ordinaires, dans les choux et dans les roses, serait-ce dans un grand jardin. Que dirait l'Évangile ? « Heureux, les simples d'esprit, car le Royaume des cieux est à eux. »
Le journal est commencé depuis 3 minutes 29" et on est déjà particulièrement énervé.
On ira ensuite à Calcutta pour la préparation des funérailles de Mère Teresa. Qu'écrire de ce reportage à Calcutta ? Continuons avec l'Évangile : « Laissez venir à moi les petits enfants. »
Ensuite, c'est le temps ordinaire. Le gouvernement de gauche a rouvert 800 classes quand le gouvernement de droite voulait en fermer 1300. On s'attarde sur les parents en colère.
Christian Blanc quitte Air France en pleurant. On le retrouvera en 2008 secrétaire d'État chargé du Grand Paris avant qu'il ne parte dans la fumée de cigares payés par le contribuable.
Les chefs de la droite veulent enterrer Jacques Chirac (14'38"). Il les a niqués en 1995 et il recommencera en 2002. En 2007, ce sera le tour de Sarkozy qui sort fringant de l'Élysée. Que dire d'autre ?
Un peu de fête de l'Huma (15'54") avant de retrouver Robert Hue, alors secrétaire national du Parti communiste français, habile dialecticien quand il tente d'expliquer qu'il est bel et bon d'ouvrir le capital d'Air France mais pas celui de France Télécom. La vérité, c'est que le poids de la CGT à France Télécom n'est pas celui de cette même centrale syndicale chez Air France et comme tout téléspectateur un peu éveillé le sait, le discours pourtant tonique du Secrétaire national sonne un peu creux.
Surtout que le présentateur enchaîne sur l'inflation (21'43"). Et l'on voit se dessiner un des traits caractéristiques de ces journaux télévisés : le montage. Outre le choix de privilégier telle ou telle information, outre le traitement de ces informations, leur enchaînement provoque des messages subliminaux et vient nourrir l'imaginaire populiste. Ici, ce que les téléspectateurs entendent, c'est : « Il peut dire ce qu'il veut... etc. »
Après c'est la suite classique des JT de ce début d'automne : radioactivité à La Hague puis Proche Orient. Madeleine Albright descend avec d'infinies précautions les escaliers aux côtés de Yasser Arafat (24'17"). On imagine en effet la panique si elle tombait... Tout le monde y passerait. Ce dernier est d'ailleurs enrhumé (24'42"). Charles Enderlin nous vend subrepticement Jérusalem comme capitale d'Israël... Il n'est pas content d'Hubert Védrine. On a l'habitude.
On revient par la Bosnie en passant par l'Écosse, qui fête la renaissance de son Parlement (28'12"). Polémique autour du Pont du Gard (29'). On approche de la fin. La polémique est gentillette et on ira sur Mars (32'11). On meuble.
Hommage à Versace à Rome. Le journaliste en fait des tonnes.
Et hop, c'est fini.


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