| Diégèse | |||||||||
| lundi 7 janvier 2019 | 2019 | ||||||||
| ce travail est commencé depuis 6947 jours (6947 est un nombre premier) | et
son
auteur est en vie
depuis 21400
jours (23 x 52 x 107 jours) |
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| ce qui représente 32,4626% de la vie de l'auteur | |||||||||
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| Je ne me souviens pas | 7 | ||||||||
| Gustav Diégèse | |||||||||
| 7. Je ne me souviens pas du nom de l'école primaire dans laquelle j'étais en cours préparatoire, ni du nom de l'institutrice ou de l'instituteur qui faisait classe. Je ne me souviens du nom d'aucun de mes camarades de classe de cette année-là, ni de l'année d'après, ni des années suivantes. Je me souviens d'être allé à l'école comme on se souvient de quelque chose que l'on a appris, comme d'une notion. Je n'ai cependant aucun doute sur le fait que je sois allé à l'école. Je le sais, mais je ne m'en souviens pas, un peu comme je ne doute pas de posséder des clés alors que je ne me rappelle pas où les avoir mises. Dès lors, il découle que je ne me souviens de rien de l'école, de ce qui forme dans les livres, les films, les séries télévisées le petit folklore de l'école avec ses cours de récréation, ses jeux, ses sonneries de début et de fin de classe, ses cantines et tous les autres menus incidents qui bornent la vie scolaire et demeurent, si j'en crois mes amies et mes amis, justement, ce dont on se souvient quand on évoque l'école de son enfance. Pour moi, l'école est devenue une notion au même titre que le théorème de Pythagore. Je sais que cette notion existe abstraitement sans en avoir aucunement l'usage. Je n'ai donc en moi aucune trace d'un apprentissage scolaire. Je ne sais pas comment j'ai appris à lire et à écrire, ni à effectuer les quelques opérations arithmétiques qui me servent encore, de temps en temps dans ma vie quotidienne. Si je devais témoigner devant la justice, je ne pourrais d'ailleurs pas jurer que j'ai appris cela à l'école et que je ne l'ai pas plutôt appris tout seul, chez moi, ou chez mes grands-parents, ou dans tout autre endroit dont je sais à l'instar de l'école qu'ils ont existé dans ma vie. Mais je ne me souviens pas du « chez moi » de mon enfance, comme je ne me souviens pas de chez mes grands-parents. Je n'ai aucun doute, évidemment, ni sur le fait d'avoir eu un « chez moi », ni sur celui d'avoir eu des grands-parents qui habitaient vraisemblablement quelque part. Mais je ne saurais m'en souvenir. |
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| page 7 | |||||||||
| Toute la collection | 4e de couverture | ||||||||
| Ce livre est
bien sûr un hommage au fameux Je me
souviens
de Georges Perec. Le narrateur, lui, ne se souvient de rien ou presque
et, ces souvenirs de presque rien, ineffables, au lieu de dessiner
toute une époque
dessinent la carte du tendre d'un amoureux déçu. Ensuite, je me souviens, d'un peu de tout, de presque rien et de n'importe quoi... Pourtant, comme chez Perec, comme chez Proust bien sûr, l'expérience de ces souvenirs qui ne se souviennent de rien est une expérience universelle. Nul doute qu'après avoir lu le livre, la lectrice, le lecteur sauront mieux les repérer dans le fil de leurs jours. Ainsi, pourquoi dans un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, vais-je me souvenir de ce petit morceau de route, qui ne me dit rien, que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu et que je ne verrai plus ? |
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| 7 janvier | |||||||||
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