Diégèse
Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam
vendredi 5 juin 2026





2026
ce travail est commencé depuis 9653 jours (72 x 197 jours)

et son auteur est en vie depuis 24106 jours (2 x 17 x 709 jours)
ce qui représente 40,0440% du nombre de jours de sa vie
mille trois cent soixante-dix-neuf semaines d'écriture
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L'atelier du texte
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J'ai pris l'habitude de faire en sorte que les patients ne puissent jamais déceler si je suis de bonne ou de mauvaise humeur. J'adopte donc toujours le même air un peu renfrogné, mais bien sûr jamais méchant. Les analysants doivent percevoir dès que j'ouvre la porte qu'il va s'agir d'un moment sérieux et que ce serait une erreur de considérer les séances comme des moments de détente. Certains analysants parlent facilement et d'autres avec difficulté, souvent plus facilement du présent que du passé. Cela peut être angoissant de parler et que les patients n'y parviennent qu'avec difficulté. Il est arrivé que l'on me demande si les séances font du bien. Toutes ensemble c'est évidemment l'objectif, mais il n'est pas possible de l'affirmer après chaque séance. J'assiste parfois à ce que je nomme une « sortie du discours », comme on dit une « sortie de route ». La parole est comme prise par elle même et prend une direction qui ne dépend pas de la volonté seule. C'est souvent le moment où l'allègement de ce qui est resté caché est à l'œuvre. Ensuite on envisage les choses plus clairement.
La dame du cinquième étage gauche est venue. Elle est enseignante. Elle affirme avoir vu mon affichette par hasard. Elle affirme aussi avoir perdu le sens de l'observation à cause de la fatigue. Elle n'a pas le souvenir d'avoir jamais été aussi fatiguée. Elle m'explique avec un ton professionnellement professoral qu'elle s'est engagée dans ce métier pour favoriser l'émancipation individuelle et collective des jeunes. Il y a trente ans, il y avait certes la télévision, mais elle arrivait encore à capter leur attention. Désormais, ils passent leur temps à se raconter leur vie de jeunes sur leur téléphone mobile. Elle a l'impression de parler dans le vide. Je ne dis rien, sinon un « oui » qui doit l'inciter à continuer. Le silence s'installe et je réitère le même « oui », avec exactement la même intensité et le même ton. Alors, elle me dit qu'il y a certains élèves qui marquent plus que d'autres. Je reprends : « qui marquent ». Elle se met à pleurer. Le travail commence et cela peut être long.














5 juin







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