| Diégèse | Calendrier de vie de l'auteur en spirale d'Ulam | ||||||||
| dimanche
24 mai 2026 |
2026 |
||||||||
| ce
travail est commencé depuis 9641 jours
(31 x 311 jours) |
et
son auteur est en vie depuis 24094 jours
(2 x 7 x 1721 jours) |
||||||||
| ce qui représente 40,0141% du nombre de jours de sa vie | trois
mille quatre cent quarante-deux semaines de vie |
||||||||
| hier | L'atelier
du
texte |
demain |
|||||||
| Page 23 | Les grands Pylônes électriques | ||||||||
![]() |
Je ne pouvais pas quitter Argences sans admirer son église Saint-Jean-Baptiste,
qui date de la reconstruction d'après-guerre. Est-ce que Manson,
l'architecte, a voulu rappeler que pendant la Révolution, l'église
originelle avait été le temple de la Raison ? Peu importe. C'est une splendeur. Il faudrait inventer un autre voyage qui relierait les églises de la reconstruction. En 2009, pour le service ces monuments historiques, une étude savante a été produite. Il reste à lui adjoindre un parcours sensible. J'ai marché tout le jour. J'avais choisi sur une carte ma destination précise, un bourg qui se nomme Vieux et qui est bordé au sud par la Guigne, affluent de l'Orne. L'étymologie de ces deux toponymes indique que cela n'a, d'une part, rien à voir avec la vieillesse, ni, d'autre part, avec le manque de chance. Mais comme vieillir est une guigne, il fallait bien le signifier. Le temps est une fiction malencontreuse qu'il faudrait désormais oublier. Vivre la vieillesse et garer l'espérance ne peut se réussir qu'en visant l'éternité. Il n'y a donc pas d'avenir. Il n'y a plus d'attente. Vieux a été une importante ville romaine où l'on peut voir les vestiges de la Villa au grand péristyle. Je n'ai rien vu de tout cela, n'ayant pas vraiment de goût pour le tourisme culturel. Les monuments qu'il faudrait selon les notices visiter ne seraient que de multiples occasions de se divertir des buts de mes promenades, qui n'appartiennent qu'à moi, ou presque et qui sont la meilleure part de ma motivation, au sens premier du terme. Depuis le poste de Tourbe, à côté de La Hogue-Bourguébus, la ligne de quatre cent mille volts a perdu ses camarades plus petites. L'alignement des grands pylônes électriques n'en est que plus ésotérique. C'est la nuit, le monde se repose. Je regarde les rues vidées de toute animation. Les rares passants pressent le pas. Je ressens soudainement une émotion à l'idée d'être proche de mes semblables sans être avec eux. C'est ainsi depuis l'enfance, cette enfance inventée. Je ne sais toujours pas, d'ailleurs, si c'est ou non un problème. La vie est ainsi, avec cette tentation de croire que l'on peut être proches des autres quand on en est, ontologiquement, irrémédiablement séparés. Je retourne vers les pylônes et je regarde le ciel rayé de la nuit. Les herbes me caressent le visage. Je pourrais m'endormir. |
||||||||
| 24 mai | |||||||||
| 2009 | 2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003 | 2002 | 2001 | 2000 |
| 2019 |
2018 |
2017 |
2016 |
2015 |
2014 |
2013 |
2012 |
2011 |
2010 |
| 2025 |
2024 | 2023 |
2022 | 2021 | 2020 | ||||